| Première saison de l’ère Marin au Théâtre de Valère |
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La saison 05-06 du Théâtre de Valère, oeuvre commune de
Jean-Daniel Coudray, directeur sortant, et de son successeur François
Marin, montre l’excellent état d’esprit dans lequel
s’est déroulée la transition. Passée la
première peur qu’une telle responsabilité ne relègue
ses activités créatrices au second plan (le poste est à 40
%), Marin pose sa valise à Sion et se réjouit du travail entrepris
: ses attaches valaisannes, l’apprentissage d’une nouvelle forme de
gestion, la qualité du travail fourni par Jean-Daniel Coudray, la
collaboration avec le théâtre français, tant public que
privé, ainsi qu’avec des compagnies romandes indépendantes,
tout l’incitait à assumer cette charge. François Marin
souhaite donc œuvrer dans la continuité. Jean-Daniel Coudray lui
laisse un théâtre pourvu de 350 abonnés accoutumés
à un programme de qualité, ouvert à la création,
sainement géré malgré des moyens restreints : «
Valère est le plus petit des grands théâtres romands.
» Toutefois, à l’intérieur de cette continuité,
la personnalité de François Marin, de son propre aveu, apportera
une évolution de style. Marin souhaite exploiter sa nature extravertie,
sa pratique de metteur en scène, sa jeunesse, son insertion dans le tissu
culturel romand pour apposer sa patte. Proximité accrue avec le public,
présence différente, de par son statut, dans les
négociations, développement de coproductions
régulières avec d’autres théâtres romands, tels
sont quelques-uns des axes sur lesquels Marin pense organiser son travail. Sa
déclaration de principe ne va cependant pas sans nuance. Bien
intégré dans les milieux du théâtre, il est conscient
des nombreuses sollicitations qui l’attendent et qu’il ne pourra
satisfaire. 380 places à combler restreignent sa liberté de
manoeuvre. Malgré les contraintes liées au lieu, Marin compte sur
sa programmation pour poser un regard nouveau sur le Valais et
l’excellence qu’il recèle. Il investira donc, dans le cadre
de certains projets destinés à tourner, afin de créer un
retour d’image sur le théâtre et la région qui
l’héberge.
Le programme Le Théâtre de Valère propose cette année cinq productions romandes, un tiers de musiciens suisses et vingt pour cent de spectacles en création, dont Cinq Filles couleur pêche dans une mise en scène de François Marin. Selon ce dernier, une ligne trop forte dans la programmation, par son caractère exclusif, nuirait au théâtre. Après Steiger, il parle d’une « rhétorique de la programmation », dialectique entre styles, esthétiques, éthiques différents, propre à surprendre et séduire des publics variés. Si axe il doit y avoir, dit-il, il s’agit de celui de la qualité. Il existe toutefois, chez Marin, une idée à défendre à travers la programmation : la culture, souvent tenue pour rébarbative, prendra des chemins de traverse. Les Précieuses ridicules de la Cie Casalibus abordent un Molière déjanté, comme Shakespeare, le défi revisite l’auteur anglais sous l’angle de la dérision et de l’humour. Voilà donc les monuments désacralisés, et le public préparé à la version plus classique de L’Avare par le Théâtre des Osses. Même souci d’introduction dans un univers perçu comme aride dans l’affiche musicale, avec le spectacle d’humour Duel ou le trio Nota Bene présenté par Lapp et Simon : il s’agit donc d’éviter la peur du théâtre et de la musique classique, pour montrer, à l’instar de la fable d’Histoire de vivre, qu’une vie peut changer par une histoire racontée. À côté d’une telle réflexion sur la culture, Un Fou noir au pays des Blancs, Histoire de vivre, Éloge de la faiblesse dénotent une sensibilité envers les humiliés et les gueules cassées par la vie. Un humanisme dont souhaite, après Jean-Daniel Coudray, faire preuve François Marin. |
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SCÈNES MAGAZINE
n°180/octobre 2005, p. 45 Bastien Fournier |
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| MARIN LÂCHE LES AMARRES |
| Le nouveau directeur dévoile son programme de la saison 2005/06. Une légère, brise de nouveauté souffle sur une affiche qui doit encore beaucoup à Jean-Daniel Coudray |
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Il a beau dire, François Marin cette saison-là n'est pas tout
à fait comme les précédentes. Et heureusement, sinon
à quoi cela servirait-il de changer de direction? Bien sûr, il
reprend ce qui a fait la qualité des programmations de Jean-Daniel
Coudray. Des spectacles coups de coeur vus à Avignon ou à Paris,
les meilleures troupes de Suisse romande, du théâtre qui sans
être d'avant-garde ne se contente pas non plus d'aligner des vaudevilles
à la grand-papa.
Quelque chose de neuf Mais la nouveauté consiste à introduire plus de créations, risquées car pas encore... créées quand elles sont mises au programme. Une prise de risques qui va avec une plus grande visibilité en Suisse romande, grâce aux coproductions. Vingt-quatre soirées, du théâtre, mais aussi de la chanson, du classique et du rire. En détail, voilà ce que ça donne. Musique en tête: les Polyphonies sacrées italiennes en octobre, le pianiste Christian Leotta (celui qui donna une intégrale des 32 sonates pour piano de Beethoven en 2002) en décembre. Enzo, Lapp et Simon En février, les Valaisans du Trio Nota Bene donnent un programme surprise présenté par Jean-Charles Simon et Patrick Lapp. En mars, une sublime soirée de musique napolitaine du XVIIIe siècle avec un ensemble traditionnel de clavecin, accordéon et cordes. Musique encore, mais dans un autre registre avec deux soirées de chanson française. Une vedette, Enzo Enzo en octobre et une découverte, François Vé en mars. En septembre, il y aura Duel sur scène un spectacle entre musique et humour, entre classique et jazz, un duo de zinzins qui tripote piano et violoncelle. Plus classique, dans le genre one man show, l'humoriste Arnaud Gidoin, de la bande à Ruquier mis en scène par Pascal Legitimus, en octobre. Glissons tout doucement vers le théâtre avec, classique oblige, les «Précieuses ridicules» passées à la moulinette du music-hall et de la commedia dell'arte. La même compagnie française était venue à Sion avec «Beaucoup de bruit pour rien», d'après Shakespeare. Molière et Brigitte Fossey Cet auteur inspire décidément les iconoclastes. La compagnie française Les Arthurs puise dans son oeuvre pour un «Défi», Ou comment résumer tout Shakespeare en 90 minutes. Alors que «L'avare» de Molière du Théâtre des Osses respecte le texte à la lettre. Entouré de Véronique Mermoud et Alfredo Gnasso, Roger Jendly donne toute sa mesure. Grand texte encore, avec le populaire et festif «Splendeur et mort de Joaquin Murieta» de Pablo Neruda en mars, par la troupe du Phénix, Paris. Plus intimiste, un parcours dans les textes de Jean Cocteau dits en duo par Brigitte Fossey et sa fille, Marie Adam. Ou «Cendres et Cailloux», découvert à Avignon en 2004. Mais la patte du nouveau directeur du Théâtre de Valère François Marin, devrait se lire mieux dans le chapitre «créations». Cette saison, elles seront au nombre de trois, avec «Et Dieu créa Lulu» de Wedekind en février (avec Vidy et le Grütli à Genève), l'«Eloge de la faiblesse» d'Alexandre Jollien (coproduit avec Le Passage à Neuchâtel et Vidy), «Cinq filles couleurs pêche», mise en scène de Marin. Enfin, Marc Donnet-Monay a choisi le Théâtre de Valère pour créer son nouveau spectacle. La saison se terminera le 17 mai avec un spectacle inclassable, «Un fou noir au Pays des Blancs». |
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Le NOUVELLISTE, 25 juin 2005
Véronique Ribordy |
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FRANÇOIS MARIN, CAPITAINE ARDENT À SION
ORIGINAIRE DE MARTIGNY, LE METTEUR EN SCÈNE PREND LA DIRECTION DU THÉÂTRE DE VALÈRE |
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Un coup de chaleur qui ne tombe pas du ciel. François Marin a beau
exceller dans l'art de la joute oratoire. Le metteur en scène valaisan,
38 ans, a beau ne pas craindre d'invoquer des spectres terrifiants, comme le
légendaire Gilles de Rais dans La Plaie et le couteau, d'Enzo Cormann,
naguère à l' Arsenic de Lausanne. L'autre soir à Sion, il a
tremblé pourtant un instant devant le public d'abonnés et de
professionnels du Théâtre de Valère Il y dévoilait sa
première saison en tant que directeur, succédant à Jean
-Daniel Coudray, un exemple de passion éclairée. Sa partition,
François Marin la connaissait: 21 spectacles, tous genres confondus, de
septembre à mai. Mais de voir dans la salle quelques-uns de ses
maîtres, les acteurs Jacques de Torrenté et Catherine Sumi
notamment, l'a ému plus que prévu.
«C'était très émouvant de se sentir ainsi soutenu, j'ai le sentiment de m'inscrire dans une histoire, celle d'une scène qui a vu passer notamment Jean Vilar», racontait après coup François Marin. Ce lecteur gourmand sait qu'un théâtre est par nature une maison hantée, où les fantômes somment les visiteurs de répondre à des questions désagréables. Il le sait depuis son enfance marquée par le marbre d'un côté, la blouse hospitalière de l'autre. Dans son Martigny natal, il fréquente ces territoires extrêmes: les cimetières où son père exerce son métier de marbrier, l'hôpital où sa mère, infirmière, apaise les douleurs. Si proche des morts, il était destiné à commercer avec les spectres, comme il le confiait l'autre jour, avec une malice pudique. Du Conservatoire de Sion où il s'enflamme au Conservatoire de Lausanne où il apprend à jouer avec André Steiger, en passant par la Faculté des lettres de l'Université de Genève, François Marin s'invente un chemin en intellectuel avide de jouir de la lettre. En 1994, il monte sous le chapiteau du Théâtre de Vidy - un cadeau de René Gonzalez s'amuse-t-il - Comme un ciel de Chagall, son premier spectacle. Depuis, une quinzaine de spectacles ont suivi entre Lausanne et Genève. Pourquoi s'engager alors au Théâtre de Valère fût-ce à temps partiel ? «Quand Jean-Daniel Coudray me l'a demandé, j'ai beaucoup hésité, explique l'intéressé. je ne voulais pas me châtrer. Mais j'ai eu l'assurance de pouvoir continuer à monter des pièces.» Le public sédunois découvrira ainsi en avril sa nouvelle création, Cinq filles couleur pêche, comédie au féminin signée Alan Ball scénariste d'American Beauty. Pour le reste, François Marin panache avec bonheur son affiche, d'Enzo Enzo en octobre à l'humoriste Marc Donnet-Monay qui proposera son nouveau spectacle, de Brigitte Fossey et sa fille Marie Adam dans Cocteau l'invisible vivant aux acteurs français de la compagnie Lemur Kata révélant Cendres de Cailloux du Québécois Daniel Danis. |
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LE TEMPS, 28 juin 2005
Alexandre Demidoff |
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FRANÇOIS MARIN, NOUVEAU TIMONIER DE LA SALLE SÉDUNOISE.
MOLIÈRE SE JOUE AUSSI À VALÈRE |
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«Il y avait dix abonnés voici dix ans, il y en a eu 370 cette
saison, soit dix de moins seulement que la capacité de la salle»,
se réjouit François Marin, nouveau timonier du Théâtre
de Valère, à Sion. Une belle progression, signe de
curiosité et de fidélité: le fruit du travail de
Jean-Daniel Coudray, l'ancien directeur, qui a lui-même sollicité
François Marin, né à Martigny en 1967 metteur en
scène établi à Lausanne et dont la compagnie a
créé avec beaucoup de sensibilité, par exemple, Le collier
d'Hélène et Le bonheur du vent - lequel sera en tournée
romande la saison prochaine.
François Marin continuera en parallèle à mettre en scène: son poste sédunois est à 40%. De quoi suivre aussi attentivement le projet (plus lointain) du nouveau théâtre prévu à Sion. En attendant, il signe donc sa première programmation à Valère conçue avec l'aide de trois autres complices pour la musique et les variétés et sous l'oeil amical de son prédécesseur. En matière théâtrale, la concurrence n'est pas féroce à Sion, mais les spectateurs locaux n'hésitent pas à se déplacer, à Sierre comme à Monthey, si ce n'est à Vidy. Les moyens sont très modestes à Valère: 600 000 francs de budget, dont 220 000 pour l'artistique. Sont à l'affiche, vingt et un spectacles, dont une vraie création, celle de l'humoriste romand Marc Donnet-Monay, Au soleil. Deux autres créations romandes feront halte en Valais: Eloge de la faiblesse, du Saviésan Alexandre Jollien, dialogue philosophique mis en scène par Charles Tordjman, avec Robert Bouvier et Yves Jenny, ainsi que Et Dieu créa Lulu, de Frank Wedekind, mis en scène par Gianni Schneider, avec une imposante et prometteuse distribution. Production romande également, celle du Théâtre des Osses, L'avare, avec Roger Jendly. Enfin, le maître des lieux y présentera son propre spectacle, Cinq filles couleur pêche, d'Alan Ball le scénariste d'American Beauty (en avril) et ces cinq comédiennes ont bel et bien la pêche! Parmi les accueils, on citera Cocteau l'invisible vivant, avec Brigitte Fossey et sa fille Marie Adam, Histoire de vivre, de Nathalie Saugeon (belle rencontre de deux hommes en prison), le très attendu Cendres de cailloux, du Québécois Daniel Danis, par la Cie Lemur Kata de Brive la Gaillarde, ou encore une fantaisie épique d'après Pablo Neruda. En musique, on entendra des polyphonies sacrées italiennes, le trio Nota Bene, Enzo Enzo, François Vé et de la musique napolitaine du XVIIIe siècle. Un programme de choix: il faudra bientôt deux représentations, et non plus une, pour répondre à la demande du public! |
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24 HEURES, 29 juin 2005
Michel Caspary |
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| AUSSI À L'AISE DANS LA PRATIQUE DU GENRE DRAMATIQUE QUE DANS SA PROMOTION, LE NOUVEAU DIRECTEUR DU THÉÂTRE DE VALÈRE, À SION, EST UN «PORTE PAROLE» AU SENS PLEIN DU TERME. |
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Noëlle Revaz, Jacques Probst, Jérôme Meizoz. Et, plus loin de
nous, Catherine Anne, Carole Fréchette, Enzo Cormann, Joël
Jouanneau... Parler de François Marin, c'est immédiatement parler
des autres. Des personnalités qui l'ont incité à embrasser
la cause théâtrale, mais surtout de ces auteurs, contemporains et
bien vivants, que le metteur en scène valaisan porte sur le plateau avec
un engouement constant. Les autres. Ce leitmotiv se répète
tellement chez ce comédien diplômé du Conservatoire de
Lausanne, qu'on n'est même pas étonné de l'avoir plus lu que
vu jouer. C'est que, pendant cinq ans, sous l'ère Morand, François
Marin a présenté tous les artistes à l'affiche du
Théâtre Le Poche, à Genève. Une plume alerte de
licencié en Lettres pour un programme recherché et salué...
Les autres donc, mais les autres de qualité. Nommé en début
d'année à la tête du Théâtre de Valère,
à Sion, François Marin tient à concilier les
impératifs économiques de cette salle de 400 places et ses propres
ambitions. Rencontre.
HISTOIRE D'OREILLES Il fait chaud, l'été, gare de Lausanne. Pourtant, ni le climat lourd de l'orage à venir, ni les toiles patriotiques du buffet de 1ère classe n'ont raison de l'entrain de François Marin. Noirs et diaboliquement gais, ses yeux dardent dès qu'il s'agit d'évoquer son lien à la scène. Et ses oreilles enchaînent. «A l'instar de Jean-Louis Hourdin, je considère le comédien comme un instrumentiste, un musicien transmettant des émotions par la justesse de sa partition.» Oubliées donc, les techniques de l'Actor's studio qui jouent à fond la carte de l'incarnation. «Certains visitent les profondeurs psychologiques pour créer du jeu, moi, je demande aux interprètes de partir de la grammaire du texte et d'en laisser émerger ses vibrations.» Une approche qui suppose des écritures fortes et singulières. Celles de la Française Catherine Anne et de la Québécoise Carole Fréchette, par exemple, capables de traiter des préoccupations actuelles comme l'adoption ou la violence au Proche-Orient avec, outre des qualités littéraires, un sens de l'adresse affirmé. «Oui, au théâtre, tout ou presque, se joue dans le rapport au public. La tension que l'auteur et le comédien installent avec le spectateur vaut autant que la situation.» Ce qui explique ce penchant pour des textes fragmentaires qui témoignent d'un monde cabossé? «C'est vrai que je privilégie les textes poétiques, éclatés, mais je veille à les rendre apparemment simples pour qu'ils parviennent au public. Pour le trouver, le toucher.» MISTER SHARK ET LE JUSTICIER Ou l'amuser. Car ce qu'on imagine moins, en voyant l'allure professorale de François Marin, c'est son goût prononcé de la facétie. A quinze ans, il jouait les méchants à l'écran pour ravir la galerie. Denis Rabaglia, enfant de Martigny avant de devenir le cinéaste reconnu d'aujourd'hui, le dirigeait alors dans Wanted 82, production modeste tournée en Super 8 et néanmoins primée par le jury d'un festival nyonnais. «Dans ce film réalisé pendant l'été, j'incarnais Mister Shark, le terrible homme en noir. Denis jouait le justicier.» Plus tard, toujours sur le versant du rire, il a épousé «pour de faux» l'écrivaine Noëlle Revaz, mystifiant ainsi Daniel Rausis, leur ami commun... «J'aime les rapports légers avec mes semblables comme avec les comédiens. Travailler dans la douleur n'entre pas dans ma philosophie. Une fois que j'ai choisi un comédien pour ses qualités, je lui fais confiance.» SEX AND THE CITY EN PLUS TRASH Légèreté encore à l'affiche du Théâtre de Valère, scène sédunoise dont François Marin assure désormais la direction et la programmation. «Parmi la vingtaine de propositions pour la prochaine saison, je suis heureux de compter de nombreux spectacles d'humour dont Au soleil, le nouveau one man show de Marc Donnet-Monay.» Et ce n'est pas la création du maître des lieux qui assombrira le tableau. D'Alan Ball, le scénariste d'American Beauty, François Marin propose en avril Cinq filles couleur pêche. Des jouvencelles qui, en marge d'un mariage, brassent leurs histoires de coeur et de corps sur fond d'Amérique décatie. «Du Sex and the city, mais en plus caustique et onirique», garantit celui qui, aux antipodes du rire, a consacré son mémoire de licence de français au Syllogisme de l'amertume d'Emile Cioran, prince désespéré du cynisme toute catégorie. «Quand je suivais les Lettres à l'Université de Genève, toute mon attention était déjà portée au théâtre que j'ai toujours pratiqué, en atelier ou au Conservatoire. Ce cursus académique m'a permis d'ajouter à mon expérience de comédien une capacité à questionner les textes, deux piliers nécessaires à mon actuel métier de metteur en scène.» A propos, pourquoi avoir quitté le jeu, lui qui y a goûté sous la houlette de mentors comme Hervé Loichemol et André Steiger? «J'ai plus joué par accident que par volonté. Comme assistant, je tenais aussi quelques petits rôles de figurations intelligentes... Mais dès le Conservatoire, j'ai affirmé mon désir de mettre en scène.» EXERCICE D'ADMIRATION Reste à savoir si, à beaucoup parler des autres –il est encore l'un des collaborateurs-clé du Dictionnaire du Théâtre suisse dont la sortie est prévue cet automne– et à beaucoup porter la parole des autres, François Marin réussit à préserver une part de singularité nécessaire à tout acte de création... «Pour ce qui est du trait particulier, j'ai justement choisi de créer à la scène des textes contemporains parce que je n'ai pas une lecture inédite des classiques du théâtre à proposer. D'autre part, quand j'interviewe des grands noms de la scène ou que j'anime des discussions, je suis dans un exercice d'admiration qui me nourrit. A la direction d'un théâtre, dans les colonnes d'un dictionnaire ou sur une scène de théâtre, j'aime ce statut de passeur et le revendique tout à fait.» |
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LE COURRIER - 6 août 2005
Marie-Pierre Genecand |
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